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vendredi 11 octobre 2013

Têtes de Maures : Corse, 1931 de Didier Daeninckx

Corse, août 1931. François Caviglioli, "bandit d'honneur", fait irruption dans une petite station thermale pour prélever son tribut. L'affaire tourne mal et se solde par plusieurs morts. La panique s'empare de l'île, chassant touristes et curistes que des caïds rivaux se sont fait une spécialité de rançonner. L'occasion  pour le ministre de l'Intérieur, Pierre Laval, de mettre sur pied une expédition militaire d'une brutalité toute coloniale...
En quoi ces événements méconnus sont-ils reliés à la disparition de Lysia Dalersa, le 5 mai 2012, et à la mort de son frère, quelques semaines plus tôt, déchiqueté par la bombe qu'il destinait à une villa construite trop près des plages ?
Melvin Dahmani, petit escroc parisien qui fut l'amour d'été de Lysia, entreprend sa propre enquête. Mais les témoins sont rares ou tiennent à leur vie. Seuls indices : ceux que la jeune femme a laissés, un vieux cahier et deux têtes de poupées maures...
En Corse, dit le proverbe, "tout se fait, tout se sait, tout se tait". A moins de bien chercher...
[Résumé Editeur, chez L'Archipel, coll. Suspense, impr. 2013, isbn : 978.2.8098.9.1304]
Ah mon boucher me l'avait vendue, cette histoire ! Il m'avait dit : "seul un Corse, à la rigueur un Méditerranéen, peut comprendre cette histoire, vraiment la comprendre". Je ne sais pas si les Bretons ou les Chtits ne pourraient vraiment pas non plus en prendre la pleine mesure... mais pour ce qui est de mon cas, Jean-Paul avait visé plutôt juste. 
La Vendetta, ici ça fait partie des moeurs. D'ailleurs, rien que l’étymologie de ce mot est parlante : il vient du latin, passe par le corse, re-passe par l'italien avant d'être francisé. 

Beaucoup de choses m'ont plu dans ce roman de Daeninckx, mais surtout je pense, parce qu'elles résonnaient en moi comme des histoires familières. Les noms des personnages, des villes et villages, leurs descriptions... Cette ambiance lourde, palpable, cette sensation d'être surveillé.
Je l'ai lu en une petite semaine tranquillement... Une bouffée d'air après le Pulkkinen !!
Je regrette  peut-être juste un peu de m'être parfois sentie perdue... Entre les différentes histoires de vengeance (il faut dire que la vendetta, ça n'a pas de limite de temps... Parfois les coups pleuvent un jour après l'autre, et et parfois, il se passe des années...), il m'est arrivé d'avoir du mal à retracer le contexte !

Voici les deux extraits que j'ai jugé les plus parlants, sur la Corse, et sur la vendetta.
"Ecoutez, Melvin, une île au soleil, ça ne fait rêver que les continentaux. En vérité, c'est comme un bateau : on s'y emmerde tellement qu'on fait exprès de se croiser le plus souvent possible pour croire qu'il y a du monde." p. 161
"Refuser l'héritage du sang, c'est pire qu'un bannissement. Celui qui s'y risque, celui qui pardonne, est considéré comme un traître, un lâche. La société entière le tient dans le mépris, il devient la honte des siens, on dit qu'il piétine les ossements de ses aïeux tout autant qu'il déshonore sa propre prospérité. Aucune femme n'accepte plus de lui donner l'asile de son ventre, ses enfants sont voués au malheur, à la mort indigne..." p. 199
Et maintenant, qu'est-ce que je vais lire ?

Aucune idée... Je n'ai pas encore eu le temps de me pencher sur la question !! J'attends le livre que doit m'envoyer Price Minister pour participer aux Matchs de la Rentrée Littéraire 2013... J'ai peur de commencer un livre et de devoir l'interrompre... J'ai embarqué Océan Mer de Baricco que j'ai dans ma bibliothèque depuis des années sans l'avoir jamais ouvert... On verra s'il me tente !


[Crédit photo : "NONZA, petit village corse", de cremona daniel, via flickr.com]

jeudi 8 août 2013

Le deuil et l'oubli de John Harvey


"Eté 1995, Cornouailles. Malgré le temps incertain, Heather et Kelly partent se baigner. L'obscurité tombe, le brouillard s'épaissit et les deux adolescentes ne reviennent pas. Après une nuit de recherches, Kelly est retrouvée prostrée. Heather, elle, est morte. La thèse de l'accident est retenue, mais le doute continue de planer.
Quatorze ans plus tard, la mère de Heather a refait sa vie et a eu une autre fille, Beatrice.Elle croit avoir tourné la page quand Beatrice disparait à son tour, Will Grayson et Helen Walker sont chargés de l'enquête.
[Résumé Editeur, chez Rivages/Noir, impr. 2013, isbn : 978.2.7436.2525.2]
En retard, je suis toujours en retard... J'ai zappé quelques critiques de livres... Tant pis, je ne crois pas pouvoir rattraper le temps perdu...!

Aujourd'hui, c'est pleine de bonne volonté que je viens vous parler de ce petit polar qui m'est tombé entre les mains. Je viens tout juste de le finir, tranquillement allongée sur un transat en bord de mer...

J'avais trouvé la quatrième de couverture plutôt alléchante... Elle promettait un bon thriller pour accompagner mes soirées d'été ! Je m'attendais à un léger historique concernant le décès d'Heather, puis de rentrer tout de suite ou presque dans l'affaire Beatrice, mais non, le roman n'est pas du tout construit de la sorte. 

Divisé en plusieurs parties, nous allons d'abord faire la connaissance de la mère d'Heather, Ruth, "aujourd'hui". Puis des inspecteurs Grayson et Walker, qui font leur petite vie. On se retrouve ensuite en 1995, avec une Ruth totalement différente, un autre mari, une autre fille... Et le cas Heather se concrétise, avec un autre flic à la tête de l'enquête, un autre paysage. Il y a quelques allers-retours entre ces deux époques, avant qu'ENFIN, en quatrième partie... Les morceaux ne s'assemblent.
J'ai donc trouvé ça un peu longuet au départ, puis finalement... Quand enfin, cette histoire que j'attendais  a démarré, j'ai été happé. Je trouve que l'attente en valait la peine, Harvey a eu le temps de poser ses personnages, ses ambiances. Il a apporté un soin particulier à la retranscription des sentiments, la perte d'un enfant, comment envisager la vie ensuite... Je pense que c'est d'ailleurs ce qui a fait qu'à la lecture, je m'étais persuadée que l'auteur était une femme !

Voici les premières lignes :
"Ruth pose sa tasse, traverse la pièce et ouvre un tiroir.Le sol de la cuisine lui paraît droid, malgré ses chaussons.Février. A sept heures ce matin, quand elle était sortie la première fois, il faisait encore nuit. L'enveloppe se trouve toujours au même endroit, enfouie sous les vieilles factures d'électricité, les messages griffonnés par la femme de ménage qui vient le mardi et le jeudi et qu'elle n'a pas encore jetés, les recettes déchirées au hasard des magazines ; une enveloppe blanc cassé, autocollante, un peu abîmée aux coins."
Ma première rencontre avec John Harvey ! Après, est-ce que je veux absolument transformer l'essai ? Ni oui ni non... Si l'occasion se présente, sans soucis, surtout qu'il y a d'autres enquêtes de Grayson et Walker. Je m'étais attachée à ses deux personnages !

Et maintenant, quel est le progamme ? J'ai fort fort hâte d'entamer le fameux Armoire des robes oubliées de Riikka Pulkkinen !
Affaire à suivre, donc !


[Crédit Photo : La Lande en Cornouailles, de Marie "Hamadryades", via Flickr.com]

dimanche 14 juillet 2013

Les Lisières d'Olivier Adam


Me voici très en retard dans la rédaction de mes petits avis de lecture...
Je n'ai toujours pas parlé de la Septième Vague, et plus le temps passe, plus mes souvenirs s'en étiolent...
Mais tant pis, aujourd'hui, je reprends les bonnes habitude avec le dernier Adam.

Ouuuh, je l'ai guetté, celui-ci, à sa sortie... J'ai hésité, à l'acheter. Maintes et maintes fois, je l'ai pris en mains, j'ai tiqué à la lecture de la quatrième de couverture, je l'ai reposé... Je crois qu'il n'y a pas à dire... Je trouve un livre de poche mille fois plus attirant qu'un livre grand format. C'est comme ça, ça ne s'explique pas ! Lorsque je suis tombée sur Les Lisières en version poche... Ni une ni deux, il était dans mon panier !

Parlons peu mais parlons bien, le résumé :
"Tout semble pousser Paul Steiner aux lisières de sa propre existence : sa femme l'a quitté, ses enfants lui manquent, son frère l'envoie s'occuper de ses parents, son père ouvrier s'apprête à voter FN et le tsunami ravage le Japon, son pays de coeur. De retour dans la banlieue de son enfance, il n'aura d'autre choix que se tourner vers son passé pour comprendre le mal-être qui le ronge. Comment devient-on un inconnu aux yeux de ses proches ? Comment trouver sa place dans un monde devenu étranger ?"
[Résumé Editeur, chez J'ai Lu, impr. 2013, isbn : 978.2.290.06848.9]
Il devient connu que je surkiffe Olivier Adam. Il est "mon genre"... Un style fluide, des idées torturées, une envie de parler de notre société... Il met le doigt là où ça fait mal : je ne dis pas que cela sert "à quelque chose", mais personnellement... Ca me fait plaisir de lire quelqu'un qui souvent partage ma vision du monde.
J'avais adoré A l'abri de rien (), encore plus Des Vents contraires () qui pour moi reste une petite claque littéraire...
Quant aux Lisières...
Et bien, je l'ai bien aimé aussi ! Je lui mettrais une étoile de moins, peut-être...

Pourquoi ? Les deux autres romans que j'évoquais plus haut, étaient de longueur moyenne dirons-nous. Avec les Lisières, Adam signe un pavé de 500 pages très dense, notamment au niveau du rythme. Il n'était pas rare qu'une bonne dizaine de pages s'écoulent sans aucune respiration dans le texte, mis à part des points ou des virgules. Pas un saut de ligne, pas un alinéa, mais des blocs de mots, carrés, taillés au couteau. Le lecteur doit suivre l'auteur et son narrateur sans s'arrêter, il faut lui coller aux basques à ce Steiner, l'accompagner sur le chemin de ses pensées et de ses coups de gueule.
Parce qu'il y a ça aussi... Paul Steiner n'est pas un personnage très sympathique. Il est malade, habité par la Dépression. Et lorsque nous mêmes, nous nous sentons bien, et que nous tombons sur quelqu'un comme ça... Je crois qu'il est humain d'avoir parfois envie de lui secouer les puces (même si cela ne sert à rien, j'en conviens...).

Après, ce livre m'a beaucoup touchée personnellement. L'univers qu'Adam décrit me parle, notamment ses descriptions des petites villes de banlieues parisiennes et certains ressentis. J'ai lu ce livre avec un crayon à la main, des marques-pages, des post-its.
En voici quelques extraits :
"Dans les sanitaires des routiers se rasaient face aux grands miroirs, des commerciaux rajustaient leur cravate, une grosse femme noire récurait les chiottes, un instant je me suis demandé ce qui les faisait tenir tous. Se payer un toit, nourrir leurs gamins, pas beaucoup plus, ai-je pensé. L'amour des leurs. Quelques menus plaisirs arrachés à la grisaille. Rien d'autre." p. 37
"J'ai regardé autour de moi et j'aurais voulu que ça me quitte enfin, cette manie de voir partout des gens usés, quand ils ne l'étaient peut-être pas. Pas autant que je le pensais en tous cas. J'aurais voulu être capable de voir les choses autrement, de ne pas imaginer de failles même derrière les plus belles carapaces." p.40
"Je ne lui ai pas dit qu'au fond ce qu'il appelait <<chez lui>> n'était pas <<ici>> mais <<avant>>, dans sa jeunesse et que c'était bien le problème des vieux, qui rêvaient que leur pays redevienne celui qu'il était quand ils avaient vingt ans, comme si ça pouvait les leur rendre." p.136
"En dépit de tout ce que je pouvais en dire ou écrire, je n'étais plus d'ici. Et puisqu'il semblait acquis que je ne serais jamais non plus d'ailleurs, j'étais désormais condamné à errer au milieu de nulle part." p. 168
Un livre qui restera quelque part dans ma tête.

J'ai aussi Falaises d'Adam qui traîne quelque part... Il faudrait que je m'y remette... Mais pour l'heure, je suis sur un petit thriller dont je vous reparlerais tantôt !


Bonne lecture à tous !

[crédit photo : Benches, de Dynamosquito, via Flickr.com]

dimanche 28 avril 2013

Un brillant avenir de Catherine Cusset

"En 1958, malgré l'opposition de ses parents, Elena épouse Jacob, un Juif. Elle réalise son rêve : quitter la Roumanie communiste et antisémite de Ceauşescu et émigrer aux Etats-Unis.
Elle s'y fait appeler Helen et rompt avec son passé. Mais, ving ans plus tard, elle se retrouve confrontée à une réalité qui lui échappe : l'indépendance de son fils à qui elle a tout sacrifé, et qui épouse Marie, une Française. Compte-t-il partir à son tour ?
Helen n'aime pas la jeune femme, qu'elle trouve égoïste et arrogante. Marie a peur de cette belle-mère dont le silence recèle une hostilité croissante. Pourtant, entre ces deux femmes que tout oppose - leur origine, leurs valeurs et leur attachement au même homme -, quelque chose grandit qui ressemble à de l'amour."
Prix Goncourt des Lycéens 2008.
[Résume éditeur, chez Folio, n°5023, impr. 2010, isbn : 978.2.07.040258.8]
Je le disais dans le dernier post, j'appréhendais le passage à un nouveau livre... Les trois derniers ayant été très bien, je craignais de trouver un ouvrage qui me ferait retomber dans cette sorte de léthargie littéraire dont j'ai du mal encore à sortir.

J'ai donc décidé pour choisir mon livre suivant, de faire confiance à LibraryThing. En allant sur la page représentant ma PAL, j'ai sélectionné quelques bouquins, dont celui de Catherine Cusset, et ai demandé à LT s'ils allaient me plaire ou non, grâce à leur baromètre (j'adore cet outil !).

Et comme vous pouvez le constater, pour Cusset, c'est sans appel ! C'est un livre que j'ai eu un peu moins d'un an plus tôt, je ne m'en rappelle plus...
Je l'attrape donc dans ma biblio, lis la quatrième... Hmm, l'histoire politique roumaine me fait un peu freiner, j'aurais préféré du plus léger ! Je l'ouvre, et je découvre que c'est écrit bien petit (on dirait un mémé ! :D)... Mais bon, LT l'a dit, on va bien voir.

Et j'ai vraiment bien aimé !
Le style de Cusset est plutôt direct, même s'il y a ces petites allusions qui m'agacent toujours à propos des héroïnes de romans, qui sont PARFAITES... Exemples, avec la scène du bal :
"Elle accepta avec reconnaissance. C'était une valse. Il la menait doucement, avec une certaine hésitation au début, comme s'il avait peur d'aller trop vite. Mais dès qu'il se fut rendu compte qu'elle était une danseuse chevronnée [...]" blablabla... p.102
"Encore un tango argentin, qui fut suivi d'un autre. Il semblait impressionné par la précision de ses pas. Sa petite taille n'empêchait pas Elena de se tenir très droite, la tête haute, la posture d'une danseuse de tango, le sourire aux lèvres. Elle dansait mieux que lui, mais ça n'avait pas d'importance." p.103
Typiquement le genre d'allusions qui me gonflent... Qu'est-ce que ça ferait à l'histoire, si elle lui avait un peu marché sur les pieds pendant son tango, comme tout le monde ? Franchement ? Bref ! C'est du chipotage, je l'avoue, mais on se croirait dans du Danielle Steel...

Pour le reste, c'est vraiment bien mené, comme la valse ! Le côté politique est là, bien sûr, mais il n'est pas lourd. Les chapitres s’enchaînent à un bon rythme, ni trop courts ni trop longs, même si certaines pages manquent d'aération dans le texte à mon goût. Il y a de nombreuses ellipses dans les mêmes paragraphes, c'est un brin déroutant. Du détail, toujours.
Donc malgré ma réticence du fait que ces 370 pages aient été écrites en petites typo, j'ai dévoré cette histoire en six petits jours. 

En voici le premier paragraphe :
"Chapitre 1 - 2003 - Juste le silence : Alors qu'Helen déplie le matelas gonflable, elle entend Jacob tirer la chasse et ouvrir la porte de la salle de bains. Elle lève les yeux et voit son mari dans son pyjama gris à rayures blanches qui la dévisage, debout à l'entrée du salon. Elle en est agacée. Non parce qu'il ne propose pas son aide -ce n'est pas difficile de gonfler le matelas, et Jacob est devenu si maladroit qu'il vaut mieux se débrouiller sans lui- mais parce qu'il ne pose pas la question qui le tracasse de toute évidence : pourquoi sa femme couche-t-elle dans le salon ? Elle décide de garder le silence. Il peut encore articuler trois mots."
Les chapitres ne sont pas dans l'ordre chronologique de l'histoire. J'avais lu que cela avait dérangé certains lecteurs. Personnellement, j'ai bien aimé. Recoller dans sa tête les morceaux de leur vie, de leur fuite, de leurs réussites et de leurs échecs, ça apportait une certaine originalité. Jusqu'au dernier chapitre, qui ne m'a pas semblé coller. Quel drôle de choix pour la fin ! Et quel dommage de finir sur cette dernière note mitigée...

Ce que je retiens de ce livre, c'est cette vision du temps qui passe, les conflits générationnels. Des corps qui se dégradent, des espoirs qu'un mère place dans son enfant avant de comprendre qu'il ne lui appartient pas malgré l'éducation différente qu'elle a reçu. De la maladie qui plane, et de l'importance de la famille surtout, celle que l'on s'invente mais aussi celle qui nous adopte !

Maintenant...
J'attends avec impatience de voir si ce soir, je récupérerais ou non les fameuses cinquante nuances de Machin-Truc. Il est grand temps que je me fasse mon avis sur la question !


Crédit photo : Maria's World Map, by mrsdkrebs,via flickr.com

mardi 14 août 2012

Les Anonymes de R. J. Ellory

★★★★☆ 
Washington. Quatre meurtres aux modes opératoires identiques. La marque d'un serial killer de toute évidence. Une enquête presque classique donc pour l'inspecteur Miller. Jusqu'au moment où il découvre qu'une des victimes vivait sous une fausse identité. Qui était-elle réellement ? Et ce qui semblait être une affaire banale va conduire Miller jusqu'aux secrets les mieux gardés du gouvernement américain...
Une fois encore, R. J. Ellory pousse le thriller dans ses retranchements. Entre Robert Littell et James Ellroy, sur un arrière-plan historique qu'il serait criminel de divulguer ici, il imagine une intrigue magistrale, qui plonge au coeur du système politique américain.
[résumé éditeur, coll. Thriller, chez Livre de Poche n°32542, impr. 2012, isbn : 978.2.253.15711.3]

L'histoire est racontée par deux narrateurs. Un narrateur omniscient qui suit notre inspecteur Miller dans son enquête... Et l'autre, que l'on pense vite être le fameux Tueur au ruban. Le rythme oscille donc entre l'action immédiate de la police, et les souvenirs de ce personnage mystérieux, qui replace le tout dans un contexte social et politique de temps de guerre en Amérique du Sud.
Alors, c'est assez intéressant d'apprendre les noirs revers de la société américaine, jusqu'où elle est prête à aller pour de l'argent, ce qu'elle est prête à sacrifier, qui prend de telles décisions, qui sont les hommes et les femmes qui doivent mettre en action ces décisions...Après, pour quelqu'un comme moi pour qui la politique passe au-dessus de la tête (hmpfff...), j'ai trouvé parfois ces passages assez longuets et il m'est arrivé de lire quelques-uns des paragraphes en diagonale...!
Quant à l'enquête en elle-même, je l'ai trouvé aussi un peu difficile. L'auteur le fait sans cesse remarquer : on n'est pas dans NCIS ou dans les Experts où tout se passe en 40 minutes... A la page 578, l'enquête n'en est "qu'à" J+6, et quasiment au point mort. Il faudra que l'adversité vienne chercher un peu les policiers pour faire avancer tout ça. Un coup de chance, et le "vilain" qui aide un peu... Voilà de quels bois l'enquête est faite. Ceci dit, les 730 pages de ce roman se lisent avec un vrai plaisir du début à la fin, R. J. Ellory sait tenir son lecteur en haleine grâce à ses changements de narrateur et ses cliffanghers en fin de chapitres !

Quelques citations :
"Il médita sur le début de cette histoire ; jamais il n'aurait pu imaginer une seconde qu'elle finirait par l'emmener à cet endroit précis : ici même." p. 674
"Et si tu crois en toi, alors tu es obligé de croire en la nécessité de maintenir la structure sociale qui te permet de profiter de ton propre mode de vie." p. 240
"Comment il disait le poète, déjà ? <<Les minutes traînent, les heures filent, les années s'envolent, les décennies assomment. Le printemps nous charme, l'été nous enchante, l'automne nous comble, l'hiver nous tue.>>" p. 147-148

mardi 31 juillet 2012

L'Heure trouble de Johan Theorin

★★★★☆ 

"A l'heure trouble, entre chien et loup, un enfant disparaît sans laisser de trace dans les brouillards d'une petite île de la Baltique. Vingt ans plus tard, une de ses chaussures est mystérieusement adressée à son grand-père. Qui a intérêt à relancer l'affaire ? et pourquoi toutes les pistes conduisent-elles à un criminel mort depuis longtemps ?
Dans une oppressante atmosphère de huis clos, une histoire de deuil, d'oubli et de pardon, hantée par les ombres du passé.

Numéro un des ventes en suède, déjà traduit dans une dizaine de pays, ce suspense complexe et envoûtant a été élu meilleur roman policier suédois 2007 par la Swedish Academy of Crime."[résumé éditeur, coll. Thriller, chez Livre de Poche n°32118, impr. 2012, isbn : 978.2.253.15845.5]


Nous voici de retour sur l'île d'Öland, mais au début de l'automne.Même si les livres se lisent séparement, celui-ci se place chronologiquement avant l'Echo des morts qui lui a lieu au fin fond de l'hiver suédois. Apparemment, Johan Theorin nous fait un roman par saison, un peu comme son compatriote Mons Kallentoft.
L'héroïne est une femme très abîmée par une histoire tragique : Julia Davidsson, deuxième fille de Gerlof Davidsson a perdu son jeune fils de 6 ans vingt ans plus tôt, dans des circonstances indéterminées. en profonde dépression, à la limite de l'alcoolisme, elle se laisse mourir à petit feu, incapable de surmonter cette perte. Son vieux père Gerlof, resté en maison de retraite sur son île d'Öland natale, l'appelle et la fait revenir sur les lieux suite à la mystérieuse réception d'un nouvel indice : une sandale.
Cette affaire, a toujours suscité les conversations sur l'île, entre les vieux habitants permanents... Tout comme auparavant le faisaient les vieilles histoires de fantômes racontées par leur aînés, au moment de l'heure trouble, quand il ne fait pas tout à fait nuit, mais plus tout à fait jour. Gerlof a des pistes, et donne ainsi une nouvelle raison de vivre à Julia. Celle-ci sort plus forte au fil des pages, prête à entrevoir la vérité.
En parallèle, l'auteur nous fait suivre le parcours de Nils Kant, garçon colérique et perturbé, trop couvé par sa mère... Accusé d'avoir tué plusieurs personnes dans sa jeunesse, il fuit vers l'Amérique du Sud, et ne reviendra sur Öland que dans un cercueil des décennies plus tard, dix ans avant la disparition du petit Jens Davidsson. Pourtant, plusieurs insulaires ne sont pas convaincus de sa mort, et Gerlof le soupçonne d'être mêlé à la disparition de son petit-fils.
En lisant la jeunesse de Nils Kant, sa fuite, sa mélancolie de son île, il est difficile de ne pas s'attacher au caractère très humain de ce mauvais garçon...

Au fond, qui est vraiment coupable ?
"Seuls les morts connaissent la paix, dit Ljunger d'une voix calme. La mort est rude, mais généreuse, alors chante, ohé... c'est de Dan Andersson, si tu ne savais pas." p. 493

samedi 14 juillet 2012

L'Echo des morts de Johan Theorin



"Comme dans L'heure trouble, son précédent roman salué par la critique internationale, Johan Theorin nous emmène dans l'île d'Öland à l'atmosphère si étrange. Les Westin, une famille de Stockholm, ont décidé de s'y installer définitivement. Quelques jours après leur arrivée, Katrine Westin est retrouvée noyée. Son mari s'enfonce dans la dépression. Alors que d'inquiétantes légendes autour de leur vieille demeure refont surface, la jeune policière chargée de l'enquête est vite convaincue que cette mort n'est pas accidentelle...Portée par l'écriture très personnelle de Theorin, un suspense où passé et présent s'entrecroisent dans une climat troublant, aux limites du fantastique."[résumé éditeur, coll. Thriller, chez Livre de Poche, impr. 2012, isbn : 978.2.253.16638.2]



Je suis de plus en plus accro aux "polars polaires"... Est-ce l'écriture scandinave qui me fait cet effet ? Où les descriptions de ces paysages glaciaux ? Ou la combinaison des deux ? Aucune idée... L'Echo des morts était ma première rencontre avec Johan Theorin... A peine fini, je suis allée reluquer pour pouvoir obtenir L'heure trouble, dont le résumé me fait piaffer d'impatience...
Ici, l'action se passe donc sur une île suédoise, Öland, qui se trouve à l'est de Stockholm. Une île, reliée au continent par un seul pont au niveau de la ville de Kalmar. Et l'intrigue en elle-même se passe surtout dans la partie nord de l'île, dans un lieu-dit inventé par l'auteur : Åludden. Une grande maison en bois rouge où vivaient les gardiens ainsi que leur familles, des deux phares jumeaux qui guident les bateaux à la pointe de l'île... un endroit hanté par les tourmentes hivernales, tempêtes qui ont pris la vie de dizaines d'habitants au fil des ans.
J'ai un peu fait ma curieuse, et suis allée me promener sur googlemaps... Avec streetview, vous pouvez vous promener dans les rues de Kalmar, et même découvrir le nord de l'île d'Öland.... Avec des maisons en bois rouge et un phare ! Il y a même l'épave de bateau décrite par l'auteur... On s'y croirait !

Johan Theorin est doué pour faire passer l'ambiance de cet environnement où se situent tous ses romans :
"Descendre au bord de l'eau à la pointe d'Åludden donnait l'impression d'être arrivé au bout du monde, au terme d'un long voyage, loin des autres hommes. [...] Le Nord-Est d'Öland semblait n'être qu'un ciel immense écrasant une mince bande de terre brune." (p. 31)
L'histoire est très bien menée par l'auteur, sans temps mort, alors que nous nous retrouvons en même temps plongé dans une sorte de chape de glace où tout semblerait ralentir dans l'attente de cette fameuse première tourmente. Il y a des rebondissements qu'un lecteur-lambda tel que moi ne voit pas venir (et ça, c'est bon !)... et au final, cette histoire de noyade... Est-ce vraiment la plus importante ?
La maison d'Åludden est un personnage à part entière, avec un passé trouble, entourée de légendes plus ou moins fantasques... vécues par les différentes générations d'habitants.Je ne suis pas fan des planches Ouija, mais... je serais curieuse d'aller passer des vacances là-bas !
Maintenant... J'attends Theorin au tournant...!
Crédit photos sur Panoramio :Wrak statku z XVIII wieku (Olandia - Szwecja) par valle4610
Long Erik par cundafoto
Et trouvé sur internet, une vidéo où l'auteur parle des paysages qui lui ont inspiré son livre... Dommage qu'elle ne soit pas traduite !

lundi 28 mai 2012

Bord de mer de Véronique Olmi



Petit livre dérangeant, Bord de Mer est le premier ouvrage de Véronique Olmi qui me tombe entre les mains.

L'éditeur écrit : "Dans une langue âpre, empreinte de poésie, de tendresse et de révolte, Véronique Olmi compose une histoire simple et bouleversante. Car ce roman est un véritable cri - dérangeant, terrifiant, déchirant"... et je ne saurais mieux dire !
Pourquoi cette mère emmène-t-elle ses deux jeunes fils loin de chez eux, au milieu de la nuit ?Qu'est-ce qui la pousse, la folie ? Que cherche-t-elle à accomplir ?
L'écriture est dense, sans pause ou presque. Le débit est rapide, alors que le temps semble s'arrêter. Il est difficile de ne pas se laisser entraîner.

jeudi 12 avril 2012

Avant d'aller dormir de S.J. Watson


S.J. Watson est une de mes bonnes découvertes de 2012 ! Voici un très bon livre à suspense... plusieurs fois, mon esprit s'est engagé sur des pistes qui se sont à chaque fois avérées hors-sujet. D'autres trouveront sûrement plus vite qui a fait quoi, et ce qui a pu se passer... Mais le style de l'auteur, et l'intrigue en elle-même reste rafraichissante !
Certains lui ont reproché des allers-retours incessants dans la narration, mais malheureusement, c'est le sujet qui s'y prête !

Un très bon moment !

mardi 8 novembre 2011

Deux petits pas sur le sable mouillé de Anne-Dauphine Julliand


Commencé à 19h.. Terminé à 00h45... Sûrement jamais digéré.
Une écriture d'une pudeur pour un témoignage bouleversant. 

Typiquement, voici encore un livre que je n'aurai pas acheté... En en lisant la 4ème de couverture dans la liste des livres que j'attendais de ma bibliothèque-relais, je m'étais même dit que je ne le lirai pas. Ce récit d'une maman d'une petite de 2 ans qui découvre sa maladie dégénérative alors qu'elle est enceinte de son troisième enfant (qui risquerait d'être touché aussi, donc...), ne pouvait pas me laisser insensible.
Rien que d'y repenser...

vendredi 7 octobre 2011

Les chaussures italiennes de Henning mankell

Plus les pages défilaient, et plus je m'accrochais à cette histoire... qui commençait pourtant assez lentement... du blanc, du plat, une vie morne. Finalement, c'est un véritable récit de seconde chance tout à fait bouleversant. Un évènement inattendu va venir perturber l'existence monacale que Fredrik Welin mène sur l'île gelée léguée par ses grands-parents. Va s'ensuivre un petit périple en guise de pèlerinage... et des nouvelles rencontres qui changeront l'univers du héros pour toujours.

Henning Mankell est en train de devenir l'un de mes auteurs chouchous !

jeudi 6 octobre 2011

Marie Blanche de Jim Fergus



Marie Blanche est un livre qui m'a laissée dans un entre deux... J'ai beaucoup aimé l'intrigue sur plusieurs générations, les implications qu'un passé laisse sur les générations suivantes. Mais j'ai en même temps été un peu dérangée par l'immoralité de ce qu'il s'est passé dans cette famille ! (surtout si c'est vrai), et encore, ce n'est pas tant les actions qui sont perturbantes, que le ton si détaché utilisé par le narrateur.

Quoiqu'il en soit, l'auteur de Mille Femmes Blanches ne m'a pas déçu, une fois de plus !

jeudi 11 août 2011

La petite fille de Monsieur Linh de Philippe Claudel


Un petit livre qui m'a bluffé. Je ne l'avais absolument pas vu venir. J'ai vécu la scène finale au ralenti, comme si j'y étais.
Est-ce possible d'être si bouleversant en si peu de pages ? 

Un vieil homme quitte son pays d'Asie natale en qualité de réfugié. Il n'a pu ramener avec lui que la fille de son fils, ce dernier et son épouse ont été retrouvé morts lors d'une attaque. Ce vieil homme, qui ne parle pas la langue du pays qui l'accueille, va se lier d'amitié avec un autre homme qu'il rencontrera sur un banc public.

Un conte.

lundi 1 août 2011

Le soleil des mourants de Jean-Claude Izzo



Le soleil des mourants, je l'ai d'abord lu à reculons... Pas facile de mettre les pieds dans ce monde-là... Nous savons tous, que ces personnes, ces gens à la rue, ces gens dans le besoin, avant avaient une vie comme la nôtre, et des rêves. On le sait, mais on préfère sans doute ne voir d'eux que ce qu'ils sont aujourd'hui.
La couverture non plus ne m'avait pas accroché. Combinée avec le titre, j'imaginais plutôt une histoire se passant au moyen-orient, ces grandes ombres noires pouvant alors s’apparenter à des femmes voilées. je n'ai rien contre cette littérature-là, mais du coup, je ne retrouvais pas l'image de la 4ème de couverture, et c'en était troublant. un détail, certes.
Au final, j'ai bien accroché aux mots d'Izzo, qui m'ont fait voir la réalité. 

Les heures lointaines de Kate Morton



Les heures lointaines
est le troisième livre de Kate Morton, et je l'apprécie toujours autant.
Elle est pour moi la nouvelle reine des Sagas familiales, l'un des genres qui m'est agréable. L'ambiance qui se dégage de ses pages... ces couloirs de pierres hantés, ces regrets, ces fantômes du passé... Le tout sur fond gothique anglais.
J'adhère, et j'attends, une nouvelle fois... le prochain !

lundi 28 mars 2011

L'éducation d'une fée de Didier van Cauwelaert



Après quelques échecs de lecture (notamment la demi-pensionnaire !) de Van Cauwelaert, j'avais un peu renoncé... Mais c'est une autre fée qui a fait en sorte que ce livre arrive entre mes mains. Je me suis prise au jeu de cette lecture surprise, et en quatre petits jours l'affaire était bouclée !
J'ai tout aimé, des personnages et des décors, de leurs relations les uns aux autres, de la description de leurs sentiments. Des petites piques politiques de l'auteur, sur l'intégrisme, sur l'allaitement, discrètes et qui font leur chemin ensuite.
Ré-ouvrirais-je la Demi-pensionnaire

dimanche 2 janvier 2011

Sois un homme, Papa de Janine Boissard


Je ne connaissais pas Janine Boissard, et je découvre un auteur au style familial convaincant. J'ai beaucoup aimé cette histoire qu'elle nous raconte... Ses personnages, qui pourraient être des cousins lointains. Sa façon de traiter de la lâcheté humaine m'a touchée. Je garde ce nom dans un coin de ma tête !

samedi 21 août 2010

Les visages de Jesse Kellerman



Une histoire passionnante, dont le contexte (dans le milieu de l'art) change de ceux habituels des thrillers... Un héros qui n'est pas flic, des gens qui ne sont pas morts ou alors il y a très longtemps... Un langage direct.
Vraiment, je plussoie ! 

vendredi 4 juin 2010

Dieu voyage toujours incognito de Laurent Gounelle


Oh, ce livre, un petit (enfin un peu plus avec ces 420 pages...) bijou sur ma table de nuit...
Je n'avais encore jamais rien lu sur le "développement personnel", et commencer de façon "fictive" avec ce roman fût une très bonne mise en bouche.
Non content de nous promener dans les recoins de notre perception et de nos aspirations, l'auteur sait garder un certain suspense jusqu'au bout !

A garder dans sa bibliothèque !

vendredi 30 avril 2010

Les jumelles de Highgate d'Audrey Niffenegger


Je ne rejoindrais pas l'avis du New-York Times qui décrivait ce nouveau récit de Niffenegger comme "une histoire d'amour à la fois charnelle et onirique, familiale et érotique", mais serais d'accord quant à l'ambiance spéciale qui transparait dans ces pages...
Un roman bien agréable à lire, cela faisait longtemps que je n'avais pas du échanger mon sac à main contre un plus gros pour pouvoir amener un "gros livre" partout avec moi !
L'auteur a su retransmettre une ambiance très particulière, un peu épaisse, et remplie de fantômes... Par contre, attention âme sensible, la fin n'est pas très très morale !